ActualitésL’Opposition iranienne

« Aucune prison ne peut arrêter le vent de la liberté en Iran », déclare le sénateur italien Marco Scurria

« Aucune prison ne peut arrêter le vent de la liberté en Iran », déclare le sénateur italien Marco Scurria
Le sénateur italien Marco Scurria s’exprime lors d’une conférence

Le sénateur italien Marco Scurria s’exprime lors d’une conférence au Parlement italien le 16 juillet 2026
Par
Shamsi Saadati

S’exprimant lors d’une conférence internationale au Parlement italien le 16 juillet 2026, le sénateur italien Marco Scurria a prononcé un discours passionné appelant à la solidarité internationale avec le peuple iranien dans sa quête de liberté et de démocratie.

Le sénateur Scurria a exprimé un profond scepticisme quant aux traités internationaux et aux négociations avec le régime de Téhéran, affirmant que les mollahs ne font que gagner du temps tout en ignorant les droits de l’homme et en faisant face à des menaces internationales croissantes. Qualifiant le régime actuel de « quartier général du terrorisme international » – allié à des puissances autocratiques pour semer l’instabilité mondiale –, il a souligné que la véritable politique devait se concentrer sur le soutien direct aux citoyens iraniens plutôt que sur l’apaisement de leurs oppresseurs. Il a également réaffirmé sa ferme solidarité avec la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, face aux menaces émanant de Téhéran.

Établissant un parallèle historique avec la chute du mur de Berlin, le sénateur Scurria a rappelé à l’auditoire que la résistance et le plaidoyer constants du monde libre pouvaient démanteler des régimes autocratiques en apparence indestructibles. S’adressant aux dissidents iraniens, aux réfugiés et à la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, il a salué le courage de celles et ceux qui continuent de lutter malgré la répression systémique, l’emprisonnement et la perte de proches.

Le sénateur Scurria a conclu par un message d’espoir pour la diaspora iranienne et pour la population du pays, soulignant qu’aucun tribunal spécial ni aucune prison ne saurait étouffer l’aspiration humaine fondamentale à la liberté. Il a réaffirmé l’engagement indéfectible de l’Italie – ancré dans ses propres luttes historiques pour la liberté – à se tenir aux côtés du peuple iranien jusqu’à la pleine réalisation de la démocratie.

Voici la traduction du discours du sénateur Marco Scurria :

Merci. Merci pour cette salle comble et pour votre enthousiasme. Merci au vice-président Rampelli de nous recevoir. Merci à ma collègue et, surtout, amie Naike Gruppioni car, initiative après initiative, elle a fait preuve d’une grande passion et d’un profond dévouement sur cette question iranienne. Et nous en avons également besoin ici.

Vous savez, évidemment, le monde entier parle ces jours-ci de la situation en Iran ; on parle des événements du détroit d’Ormuz et de la crise qui en résulte pour nos économies et nos sociétés. Le véritable problème, à mon sens, est que l’on parle bien trop peu du peuple iranien. Car c’est de lui qu’il faut parler. Car aujourd’hui, nous avons l’urgence fondamentale et vitale d’écrire un destin libre et démocratique pour les citoyens italiens – pour les citoyens iraniens.

https://x.com/4FreedominIran/status/2079232656328294526

Vous savez, quand j’entends parler d’un accord, d’un traité que les États-Unis et la communauté internationale concluraient avec l’Iran, je ne suis pas entièrement convaincu. Non pas que je ne souhaite pas la paix, mais parce que je ne fais pas confiance au régime iranien. C’est un régime qui nous mène en bateau depuis des années sur la question nucléaire, qui aime négocier et parler pour gagner du temps et poursuivre ses propres objectifs. C’est un régime qui n’a aucune intention d’ouvrir un dossier sur les droits de l’homme. C’est un régime qui ose même menacer la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, à qui nous tenons à réaffirmer, depuis cette salle, depuis cette tribune, notre plus grande solidarité pour tout ce qu’elle entreprend sur la scène internationale, y compris sur la question iranienne. Je ne fais pas confiance au régime iranien tout simplement parce que c’est le régime qui représente le quartier général du terrorisme international, qui alimente le terrorisme international, qui rassemble les pires régimes actuels de la planète, lesquels, avec la Corée du Nord, la Chine et la Russie, sont responsables de guerres, de terreur et d’immenses souffrances à travers le monde.

Chers amis, je vois cette salle remplie de tant de personnes, dont de nombreux Iraniens, tant de personnes contraintes de fuir leur patrie et qui, je l’espère, ont néanmoins conservé des liens avec nombre de leurs proches restés au pays. Je le dis toujours, et je le répète aujourd’hui : dites-leur de ne pas perdre espoir. Dites-leur qu’aucune prison ne peut arrêter le souffle de la liberté. Dites-leur qu’aucun tribunal spécial ne peut entraver la revendication des droits humains et la capacité de se sentir véritablement libres et démocratiques. Dites-leur qu’aucune peur ne peut asservir des millions de citoyens. Dites-leur qu’il existe un combat qui mérite d’être mené pour qu’un peuple puisse avoir un avenir libre et démocratique.

Nous autres Européens – je vous le dis toujours aussi – avons connu un moment de notre histoire où un mur séparait la liberté de l’oppression. Et ceux qui vivaient sous le joug du régime communiste de l’époque pensaient qu’il n’y avait pas de lendemain. …là où il était véritablement impossible d’imaginer le moindre espoir pour l’avenir. Les gens restaient cachés chez eux ; ils ne parlaient pas, ne se manifestaient pas, feignaient une certaine soumission, mais ils attendaient — Dieu sait quoi — car il semblait que la terreur l’emporterait toujours. L’Iran, en revanche, a connu des périodes de courage où les révoltes incessantes des femmes, jeunes comme moins jeunes, ont mis le régime iranien à rude épreuve, bien avant toute intervention internationale. Toutefois, pour poursuivre sur cet exemple, comme vous le savez, ce mur est tombé en 1989. C’était presque inattendu ; personne ne s’y attendait. Pourquoi ce mur s’est-il effondré du jour au lendemain, et pourquoi ces peuples d’Europe ont-ils retrouvé leur liberté ? Ce mur est tombé parce que, jour après jour, dans la partie libre de l’Europe et aux États-Unis, des personnes racontaient exactement l’histoire que nous racontons ici aujourd’hui : qu’il y avait de l’espoir, qu’une possibilité existait, et que des réfugiés — ceux qui fuyaient les régimes totalitaires, ceux qui fuyaient le communisme — s’unissaient pour bâtir un espoir alternatif fondé sur la liberté et la démocratie. C’est ce que nous continuons de faire aujourd’hui ; nous le faisons pour l’Iran, nous le faisons pour toutes ces sociétés qui rêvent de liberté et de démocratie.

Madame Radjavi, nous nous sommes rencontrés, hélas, il y a bien des années lorsque j’étais à Bruxelles, alors que je siégeais au Parlement européen ; c’est à ce moment-là qu’a débuté un engagement personnel de ma part et de celle de mon parti , mais aussi de bien d’autres. De nombreux représentants de divers partis du Parlement italien sont présents aujourd’hui, car l’Italie partage cette cause, précisément parce qu’elle est l’héritière de cette histoire que vous avez évoquée — celle de Mazzini, de nos patriotes — et de cette aspiration à la liberté qui ne s’éteint pas et ne s’éteindra jamais. Car les patriotes sont ceux qui reconnaissent la patrie d’autrui et qui bâtissent la liberté et la démocratie pour d’autres peuples.

Je vous remercie, Madame Radjavi, ainsi que toute votre organisation, car vous nous enseignez une valeur fondamentale : le courage, une qualité parfois difficile à trouver dans notre société actuelle. Le courage de ceux qui, bien que des membres de leur famille aient été emprisonnés ou tués — comme tant de personnes présentes dans cette salle —, ont décidé qu’ils ne pouvaient plus continuer à courber l’échine et qu’il valait la peine de clamer haut et fort cette aspiration infinie à la liberté, car, au bout du compte, cette liberté finira par embrasser votre peuple.

Merci de continuer à croire en l’espoir qui nous unit tous.

https://fr.ncr-iran.org/actualites/iran-resistance-2/aucune-prison-ne-peut-arreter-le-vent-de-la-liberte-en-iran-declare-le-senateur-italien-marco-scurria/

Bouton retour en haut de la page