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Le régime iranien se fracture sous le poids d’une guerre existentielle et d’une inflation à 83,9 %

Le régime iranien se fracture sous le poids d’une guerre existentielle et d’une inflation à 83,9 %
Le député extrémiste Hamid Rasaee s’en prend à ses collègues

Le député extrémiste Hamid Rasaee s’en prend à ses collègues au Majlis, le parlement iranien.
Par
Massoumeh Raouf

Téhéran est confrontée à une crise sans précédent, où les hostilités militaires en cours se conjuguent à un grave effondrement économique et à une colère sociale grandissante. Selon des rapports publiés par la Banque centrale d’Iran fin juillet 2026, l’inflation a atteint 83,9 %, tandis que celle des produits alimentaires a dépassé les 100 %. S’exprimant sur la télévision d’État (IRINN) le 22 juillet 2026, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Ahmad Reza Zeinivand, a reconnu la gravité de la crise, déclarant : « Nous sommes confrontés à une véritable guerre existentielle contre les ennemis les plus brutaux de l’humanité. » Parallèlement, les médias d’État rapportent que des études parlementaires prévoient que le taux de pauvreté national dépassera les 45 % dans un avenir proche – un aveu qui, compte tenu du manque de transparence systématique du régime, est largement perçu comme une grave sous-estimation de la réalité économique.

Les tensions militaires et les difficultés économiques ont exacerbé les luttes intestines au sein du pouvoir. Suite aux déclarations publiques du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, concernant d’éventuelles « failles » de sécurité ayant permis l’assassinat de hauts responsables militaires, les conservateurs ont lancé de violentes attaques. Dans une tribune publiée dans Arman Melli le 22 juillet 2026, l’analyste politique Mohammad Mohajeri a pris la défense d’Araghchi face à ses rivaux, demandant : « Est-il vraiment nécessaire qu’Araghchi soit martyrisé, comme M. Larijani, pour que sa valeur soit reconnue ? »

La politique étrangère et la stratégie régionale sont devenues des champs de bataille cruciaux pour les membres du régime. Dans une interview accordée à Tose’e Iranian le 22 juillet 2026, l’ancien président du Comité national de sécurité, Heshmatollah Falahatpisheh, a critiqué l’isolement diplomatique engendré par une politique agressive. Il a interpellé directement le président du régime, Massoud Pezeshkian, en lui demandant : « Citez-moi un seul ami de l’Iran sur la scène internationale.»

Luttes intestines et guerre médiatique

Des tensions ont éclaté au sein du Parlement concernant les négociations et le contrôle du détroit d’Ormuz. Le porte-parole des forces armées, le général de brigade Abolfazl Shekarchi, s’en est pris violemment aux partisans de la diplomatie le 22 juillet 2026, déclarant que « ceux qui fondent leurs espoirs sur l’Amérique et l’Occident sont de nouveau sortis de leur tanière ». Les échanges houleux à l’assemblée ont atteint un point de non-retour, tandis que le journal d’État Kayhan exigeait des poursuites judiciaires et des mesures de sécurité contre les hommes politiques plaidant pour la réouverture de cette voie navigable stratégique.

Cette confrontation s’étend au contrôle des médias nationaux et à la surveillance étatique interne. Lors d’une séance législative en ligne le 27 juillet 2026, le député Mahmoud Kouchekzadeh a publiquement dénoncé les pressions exercées par les services de renseignement concernant un vote sur un traité sur les armes, demandant : « De quel droit les services de renseignement m’envoient-ils des SMS pour que je vote pour une loi ? ». Simultanément, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a critiqué la chaîne de télévision publique IRIB le 28 juillet 2026, l’accusant de saper la cohésion nationale par la censure politique.

Derrière ces querelles d’élite se cache une profonde inquiétude quant à la stabilité de la société et à la confiance du public. L’ancien ministre et actuel conseiller présidentiel, Ali Rabiei, a souligné dans une allocution de juillet 2026 que la confiance sociale s’est fortement érodée, parallèlement à la pression économique croissante qui pèse sur les jeunes chômeurs. Tout en niant les rumeurs des médias d’État concernant la quasi-chute des grandes villes lors des précédents troubles, les autorités reconnaissent néanmoins l’instabilité de l’opinion publique. Comme l’a rappelé le porte-parole Mohajerani aux factions rivales le 28 juillet 2026 : « Nous sommes tous dans le même bateau, dans le bateau de la République islamique d’Iran. »

Survie calculée dans un système fragmenté

L’escalade des conflits entre les responsables de l’État iranien ne traduit pas un virage idéologique vers un alignement international, mais reflète plutôt une lutte désespérée pour déterminer la meilleure stratégie de survie du régime. Qu’ils prônent la confrontation ou recherchent des issues diplomatiques, les deux camps sont conscients que l’échec économique systémique, les vulnérabilités en matière de renseignement et l’isolement diplomatique risquent de déclencher un soulèvement populaire généralisé. Par conséquent, chaque manœuvre de faction vise avant tout à préserver la structure de l’État clérical avant que les troubles internes ne déstabilisent l’ensemble du système. Alors que le régime approche d’un point de non-retour — subissant les conséquences d’une convergence de crises —, les deux camps conduisent, en fin de compte, le système clérical vers une confrontation totale et catastrophique avec une société au bord de l’explosion.

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