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Mojtaba ordonne aux factions iraniennes de cesser les luttes intestines tandis que Pezeshkian veut relancer les négociations

Mojtaba ordonne aux factions iraniennes de cesser les luttes intestines tandis que Pezeshkian veut relancer les négociations
Un automobiliste insère une carte de rationnement de carburant

Un automobiliste insère une carte de rationnement 
Par
Mansoureh Galestan

Mojtaba ordonne aux factions iraniennes de cesser les luttes intestines tandis que Pezeshkian veut relancer les négociations
Un automobiliste insère une carte de rationnement de carburant intelligente dans le lecteur d’une station-service à Shiraz, dans le sud de l’Iran
Mojtaba Khamenei tente d’empêcher que la lutte des factions au sein du régime iranien ne devienne un spectacle public. Dans un message publié par l’agence de presse Tasnim, proche du pouvoir, le 28 août 2026, il a déclaré que « tout ce qui nuit à la cohésion sociale est interdit », mettant en garde notamment contre les déclarations « décourageantes » et les arguments clivants sur « la guerre ou la négociation » et « le compromis ou la bellicisme ».

L’ironie est que ni Rouhollah Khomeini ni Ali Khamenei ne sont jamais parvenus à éliminer les luttes intestines ; aux moments critiques, ils n’ont fait que les contenir. Mojtaba semble tenter la même stratégie. Mais son appel à la « cohésion sociale » a immédiatement offert une couverture politique au camp même attaqué par les forces les plus dures du régime : le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad-Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, tous associés à la volonté de négocier. Ghalibaf s’est empressé d’approuver la déclaration de Mojtaba, affirmant que toute action portant atteinte à la cohésion était « interdite sur les plans national et religieux ». Pour ce camp, cette directive est plus qu’un simple appel à la discipline : c’est une arme contre les opposants qui les accusent de capitulation, leur permettant de présenter les attaques contre leurs négociations comme un défi à l’exigence d’unité du Guide suprême.

Pezechkian a également tenté de s’approprier ce message d’unité, insistant sur le fait que le consensus a toujours été sa priorité. Mais il relance simultanément le débat que Mojtaba cherche à étouffer. Dans une interview télévisée diffusée par l’IRNA le 28 août, Pezeshkian a défendu l’accord d’Islamabad comme une « réussite exceptionnelle », a insisté sur le fait que l’Iran en était sorti vainqueur et a déclaré que le prix de l’essence du troisième palier atteindrait environ 10 000 tomans le litre.

L’économie alimente la lutte politique

La justification politique des négociations par Pezeshkian repose de plus en plus sur la description du coût de la voie actuelle. Il a déclaré que les importations et les exportations avaient chuté de 25 à 35 %, que les importations d’essence étaient devenues difficiles et que l’Iran avait vendu près de 90 millions de barils de pétrole pendant la courte période de mise en œuvre de l’accord. Son message est clair : le redressement économique exige un compromis extérieur. Cet argument, aussi soigneusement présenté comme une preuve de loyauté envers le pouvoir, met inévitablement en difficulté les opposants à la négociation.

Les chiffres économiques sont éloquents. L’agence Tasnim a rapporté le 28 août, citant le Centre statistique, que l’inflation annuelle avait atteint 89 %, tandis que l’inflation annuelle s’établissait à 69,9 %. Les ménages à faibles revenus étaient encore plus durement touchés.

Un autre article de Tasnim, publié le même jour, illustrait la gravité de la situation au niveau des supermarchés : l’huile de cuisson liquide avait augmenté d’environ 340 % par rapport à l’année précédente, l’huile solide de 380 %, le riz importé de 201 %, les œufs de 293 % et le poulet de 176 %. Il s’agit de hausses concernant les produits de première nécessité, et non les biens de consommation courante, ce qui signifie que l’inflation frappe directement la consommation des ménages.

De l’alimentation aux médicaments

Le secteur de la santé est soumis à des pressions similaires. Le 27 août, l’agence Tasnim citait le président de l’association des pharmaciens iraniens, qui déclarait qu’environ 70 médicaments essentiels étaient en rupture de stock ; par formulation, ce chiffre atteignait environ 400, et pourrait approcher les 800 en incluant les différentes marques. Il ajoutait que près des deux tiers des médicaments avaient subi des augmentations de prix en 2026, tandis que les systèmes d’assurance n’avaient pas suivi le rythme.

Le débat sur les solutions à apporter à cette situation est de nouveau d’actualité. Le vice-gouverneur de Pezeshkian, Mohammad Jafar Ghaempanah, a déclaré qu’il aurait renoncé à l’enrichissement d’uranium s’il avait su que cela entraînerait l’assassinat du précédent dirigeant et des attaques contre les infrastructures, concluant : « Nous ne sommes pas tous censés être martyrisés ; l’Iran est censé subsister.» Des réactions intransigeantes ont immédiatement suivi. Le 29 août, Kayhan a dénoncé ce raisonnement comme la résurgence d’une « logique de concessions à la Turkmenchay » et a exigé que Pezeshkian clarifie sa position.

C’est là la contradiction au cœur du programme d’unité de Mojtaba Khamenei. Il souhaite que les responsables cessent de saper le moral par des attaques. Les deux camps s’affrontent publiquement, mais la convergence des crises impose un débat stratégique au grand jour. Pezeshkian ne peut plaider en faveur de négociations sans souligner l’ampleur des pertes subies par l’Iran ; les conservateurs ne peuvent accepter cette situation sans remettre en question la stratégie de survie du régime qu’ils défendent. L’inflation, la hausse des prix alimentaires, les pénuries de médicaments, le coût du carburant et les déficits énergétiques ne se contentent donc pas d’appauvrir la société : ils reproduisent sans cesse le conflit factionnel même que Mojtaba tente d’empêcher.

 

Mojtaba ordonne aux factions iraniennes de cesser les luttes intestines tandis que Pezeshkian veut relancer les négociations

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