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Le régime iranien intensifie son discours guerrier pour masquer son déclin

Le régime iranien intensifie son discours guerrier pour masquer son déclin
Le missile balistique « Haj Qasem » exposé lors de la marche organisée par l’État, le 10 février 2025

Le missile balistique « Haj Qasem » exposé lors de la marche organisée par l’État, le 10 février 2025
Par
farid mahoutchi

Ces derniers jours, Téhéran amplifie son discours guerrier pour tenter de se donner une image de force dans un contexte de crises internes croissantes, d’isolement régional croissant et de mécontentement croissant de la population face à l’inflation et aux difficultés économiques. Se sentant de plus en plus acculé, le régime clérical a lancé une campagne agressive de menaces et de belligérance visant à remonter le moral de ses forces, de plus en plus démoralisées.

De hauts responsables et les médias pro-État mettent désormais ouvertement en garde contre la guerre, tout en vantant ses capacités balistiques et son expansion nucléaire. Mais derrière ces déclarations enflammées se cache un régime qui peine à gérer son déclin.

Safavi déclare être en « phase de guerre »
Yahya Rahim Safavi, conseiller militaire principal du guide suprême du régime, Ali Khamenei, a déclaré que l’Iran se trouvait effectivement « en phase de guerre » avec les États-Unis et Israël, appelant à une « stratégie offensive » en matière de diplomatie, de médias, de missiles, de drones et de cyberopérations : « Nous ne sommes pas en cessez-le-feu; nous sommes en phase de guerre. La meilleure défense est l’attaque.»

Kayhan met en garde contre le « talon d’Achille » : le mécontentement croissant de l’opinion publique

Le quotidien radical Kayhan, supervisé par le cabinet de Khamenei, a tenté de manipuler l’opinion publique en affirmant que le récent conflit de 12 jours avait suscité de nombreuses demandes d’augmentation des dépenses militaires. Il affirmait : « Si certains segments de la société critiquaient autrefois les dépenses militaires, pendant la guerre de 12 jours, les demandes de renforcement de la dissuasion sont devenues une demande populaire. »

Kayhan a même cité des « sondages non officiels » affirmant que plus de 60 % des Iraniens soutiennent désormais l’accélération de la dissuasion nucléaire. Mais ce discours contraste fortement avec la réalité. Partout au pays, les manifestations contre les pénuries d’eau, les pannes d’électricité, la hausse du prix du gaz et les salaires impayés ont mis en évidence la colère croissante de la population face à la priorité donnée par le régime à l’aventurisme régional au détriment des besoins fondamentaux.

Les analystes affirment que les affirmations de Kayhan constituent une tentative délibérée de susciter le consentement à une militarisation accrue, alors que le régime est confronté à des troubles intérieurs croissants et à un effondrement économique croissant.

Les menaces de missiles révèlent l’anxiété du régime, et non sa force
Amir Hayat-Moghaddam, membre de la commission parlementaire de sécurité, a proféré certaines des menaces les plus extrêmes du régime à ce jour, affirmant que l’Iran pourrait cibler Washington D.C., New York et toutes les capitales européennes depuis des plateformes navales stationnées à 2 000 kilomètres des côtes américaines : « La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et toute l’Europe sont à portée. »

Mais derrière ces bravades se cache une profonde insécurité. Des sources militaires reconnaissent que les forces iraniennes ont essuyé des revers au Liban, en Syrie et en Irak, sapant le moral des unités du CGRI. Les responsables ont désormais recours à l’escalade des menaces pour projeter leur puissance à l’extérieur et maintenir la cohésion interne.

Les craintes stratégiques de Téhéran
La position agressive de Téhéran est alimentée par la crainte d’un encerclement stratégique. Le projet de corridor de Zanguezour – une route de transit soutenue par les États-Unis reliant l’Azerbaïdjan au Nakhitchevan via l’Arménie – couperait la frontière terrestre de l’Iran avec l’Arménie, renforçant ainsi son isolement.

Le quotidien pro-régime Farhikhtegan a appelé à l’adoption d’un « modèle qatari » de réponse, faisant référence à la frappe de missiles du régime du 2 juillet sur la base aérienne américaine d’al-Udeid au Qatar pendant la guerre des 12 jours. Mais cette frappe, que Washington a ensuite qualifiée de symbolique en raison d’une coordination préalable, a mis en évidence les limites de la capacité de Téhéran à agir concrètement. Escalade.

Suite à l’accord de paix négocié par la Maison Blanche entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, Téhéran craint désormais que les États-Unis ne consolident un corridor stratégique qui saperait son influence dans le Caucase du Sud, alimentant ainsi sa paranoïa et son militarisme.

Le rétablissement potentiel des sanctions suspendues de l’ONU par le biais du mécanisme de retour à la normale a renforcé l’urgence. Si certains responsables minimisent les conséquences, des médias proches de Téhéran, comme Didban-e Iran, préviennent que l’impact serait grave, limitant les exportations de pétrole, paralysant les activités bancaires mondiales et plaçant même l’Iran sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies – une mesure qui pourrait justifier des mesures coercitives internationales.

La belligérance, symptôme du déclin
La rhétorique exacerbée de la dictature cléricale reflète sa faiblesse, et non sa force. Après des années d’excès de pouvoir, le régime est désormais confronté à :

Des pertes stratégiques à Gaza, en Syrie et en Irak ;
Un effondrement économique croissant et une colère populaire face à l’inflation ;
Un isolement croissant après les négociations régionales négociées par les États-Unis. accords.
Erosion du moral du CGRI et des forces paramilitaires.
Par la menace des missiles, de l’escalade nucléaire et des représailles, Téhéran cherche à reprendre le contrôle et à mobiliser sa base. Mais ces démonstrations révèlent la perte d’influence et la fragilité interne du régime. Plus son pouvoir s’érode, plus ses menaces s’amplifient.

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