ActualitésIntérieur du pays

Un initié du régime met en garde contre le risque de soulèvement lié aux actions des responsables

Un initié du régime met en garde contre le risque de soulèvement lié aux actions des responsables
Dans un aveu d’une candeur frappante, Ezzatollah Zarghami, ancien ministre du régime iranien

Par
Mahmoud Hakamian

Dans un aveu d’une candeur frappante, Ezzatollah Zarghami, ancien ministre du régime iranien et membre actuel du Conseil de discernement, a lancé une critique cinglante des responsables au pouvoir. Dans une interview à la télévision d’État, il les a accusés de saper activement la confiance du public, ce qu’il appelle le « capital social », alimentant ainsi dangereusement le mécontentement de la société et augmentant le risque de soulèvements populaires. Ses propos, prononcés lors d’une conférence sur la « Guerre cognitive » et diffusés à la télévision d’État, offrent un rare aperçu des inquiétudes du régime face à ses propres faiblesses internes et à la diminution de sa légitimité populaire.

Il a déclaré sans détour : « Sachez que le pilier le plus important de la sécurité est le capital social ; si nous en avions, nous n’aurions aucune inquiétude concernant la sécurité.»

Zarghami a déploré que certaines personnalités influentes soient directement responsables de l’érosion de la réputation du régime auprès de la population. Il a averti : « Si, Dieu nous en préserve, ceux qui ont des plateformes… ne voient d’autre mission que de réduire le capital social, ils travaillent contre le capital social des dirigeants. »

Cet aveu met en lumière une contradiction interne cruciale : des éléments au sein même du régime sont perçus comme la cause principale de la colère publique qui menace sa stabilité. En sapant activement la confiance, ces responsables se comportent, selon Zarghami, comme une cinquième colonne, sapant la force du régime de l’intérieur.

Établissant un parallèle historique saisissant, Zarghami a invoqué le sermon 97 de Nahj al-Balagha, où l’imam Ali exprime sa profonde frustration face à l’incompétence et à la déloyauté de ses propres disciples. « Le Commandeur des Croyants s’irrite vivement contre ses compagnons… dans ce sermon 97, il dit : « J’aimerais pouvoir vous donner dix hommes et en prendre un à l’armée de Mouawiya », a raconté Zarghami.

Il a ensuite appliqué directement cette analogie accablante au régime actuel et a déclaré : « Dans notre monde actuel, la traduction de cela est la suivante : si le Guide suprême, Dieu nous en préserve, veut être mécontent de Zarghami et dit : « Je veux en donner dix comme vous… et en prendre un à l’armée adverse.» Une telle comparaison suggère que les actions de ces responsables sont si préjudiciables qu’elles les rendent moins utiles qu’un seul adversaire compétent, soulignant une profonde crise de capacité et de loyauté au cœur du régime.

Zarghami a ensuite approfondi l’impact destructeur de ces facteurs internes en redéfinissant ce qui constitue un véritable « guerrier » pour le régime dans le contexte actuel. Selon lui, ce n’est pas la puissance militaire, mais la capacité à susciter le soutien de l’opinion publique qui est primordiale. « Monsieur, aujourd’hui, un guerrier est quelqu’un qui produit du capital social », a-t-il déclaré. « Si quelqu’un du camp du Velayat (Tutelle du Juriste) pouvait produire du capital social pour le système, pour les dirigeants, pour la religion, pour l’Imam, pour la révolution, un seul d’entre eux équivaudrait à mille ennemis. » À l’inverse, ceux qui sapent cette ressource vitale sont présentés comme des fardeaux, œuvrant activement contre les intérêts du régime.

Les propos extraordinaires de Zarghami suscitent une profonde inquiétude au sein des cercles du régime, mettant en lumière à la fois l’effondrement du moral et les actions autodestructrices des responsables du régime eux-mêmes. En admettant ouvertement que des initiés alimentent le mécontentement public, il valide implicitement les griefs généralisés du peuple iranien et souligne la vulnérabilité croissante du régime face à de nouvelles manifestations et à de nouveaux soulèvements.

Bouton retour en haut de la page