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Le bilan sanglant d’Ali Khamenei : Trente-six ans de massacre prendra fin

Le bilan sanglant d’Ali Khamenei : Trente-six ans de massacre prendra fin
Un portrait du Guide suprême du régime iranien brûle dans les flammes

Un portrait du Guide suprême du régime iranien brûle dans les flammes
Par
Amir Taghati

Lorsqu’Ali Khamenei a accédé au titre de Guide suprême en juin 1989, les prisons étaient encore imprégnées du sang du massacre de 1988 – un carnage qu’il avait contribué à orchestrer, mais dont la responsabilité a été imputée à son prédécesseur. Dès lors, chaque balle tirée dans la foule, chaque corde de potence serrée dans l’obscurité de l’aube, et chaque sac mortuaire affiché sur les réseaux sociaux porte sa seule signature. La chronologie qui suit n’est pas une abstraction. C’est une accusation fondée sur les dossiers d’Amnesty International, les sources de renseignement de Reuters et les cris de mères qui n’ont jamais pu faire leur deuil.

Le schéma s’est répété tôt. En 1992, les habitants du quartier de Kooy-e Tollab à Mashhad se sont soulevés contre la ruine économique. Les Gardiens de la révolution ont rétabli l’« ordre » à coups de balles réelles. Deux ans plus tard, Qazvin s’est embrasée suite à un redécoupage électoral, la colère se transformant instantanément en un soulèvement anti-régime où les citoyens ont désarmé les forces de sécurité. En 1995, Eslamshahr a explosé à cause du prix des bus et des pénuries d’eau ; des hélicoptères de l’armée ont été déployés contre des civils non armés.

Ce n’étaient que des secousses locales. Les véritables séismes sont venus plus tard.

Le raid de 1999 contre une résidence universitaire à Téhéran s’est étendu à plusieurs villes. Le soulèvement post-électoral de 2009 a déchiré le tissu politique du régime, laissant un nombre incalculable de victimes torturées à Kahrizak. Pourtant, même 2009 n’était qu’une répétition générale.

En décembre 2017, une manifestation contre le prix des œufs à Mashhad dégénéra en une heure en slogans « Mort à Khamenei », qui résonnèrent dans 140 villes. En novembre 2019, Khamenei approuva la répression des manifestations contre le prix du carburant, qui touchèrent plus de 200 villes et firent environ 1 500 morts, selon Reuters. Puis vint, en septembre 2022, le soulèvement le plus vaste de l’histoire du régime, rassemblant écolières et ouvriers sidérurgistes et faisant plus de 750 morts.

Et en janvier 2026, la dernière grande convulsion de… Le règne de Khamenei – les manifestations contre l’effondrement du rial et l’inflation galopante se sont propagées à 400 villes. Après que Khamenei a publiquement ordonné la répression, les forces de sécurité ont ouvert le feu avec des armes automatiques, faisant des milliers de morts et confirmant son statut de figure la plus détestée de l’histoire iranienne moderne.

Diffusion tactique et architecture de la résistance

Si les observateurs internationaux considèrent souvent ces explosions de colère populaire comme spontanées, la sociologie historique démontre que les insurrections soutenues contre les États totalitaires nécessitent une avant-garde structurée. Au cœur de ce changement de paradigme se trouve la résistance organisée iranienne.

Depuis que les Unités de résistance – cellules clandestines affiliées aux Moudjahidine du peuple (OMPI ou MEK) – ont pris une position dominante, La sociologie des protestations iraniennes a connu une transformation fondamentale. Les slogans, initialement axés sur des revendications locales et de subsistance, ont évolué vers des revendications radicales et novatrices exigeant le renversement systémique de l’ensemble de l’appareil théocratique. Parallèlement, l’action collective s’est radicalisée ; les manifestations passives ont dégénéré en affrontements ciblés et asymétriques contre les forces de sécurité de l’État et les symboles du régime.

Surtout, ce réseau organisé a déclenché un puissant « effet de mobilisation » à l’échelle nationale. Les populations humaines étant naturellement enclines à la résistance, les citoyens des régions les plus reculées et historiquement marginalisées ont rapidement adopté les méthodes de confrontation de ces cellules organisées. Cette diffusion tactique a unifié des griefs locaux disparates en une insurrection synchronisée à l’échelle nationale. En fournissant un modèle de résistance reproductible, ces unités garantissent que la violence du régime n’engendre plus la soumission, mais plutôt une multiplication décentralisée de la résistance radicale.

L’histoire a déjà été écrite par analogie.

Tout au long de l’histoire, chaque régime ayant exclusivement eu recours à la coercition a suivi une trajectoire identique : chaque répression rétablit temporairement le silence tout en détruisant définitivement la légitimité, jusqu’à ce que l’appareil sécuritaire lui-même s’effondre sous le poids d’ordres qu’il ne peut plus justifier.

Le bilan de Khamenei en est un exemple. L’affaire Khamenei est sans appel. Pendant plus de 36 ans, sa seule réponse à chaque crise politique, économique et sociale a été la même : balles, matraques et cercueils. Il n’a engendré aucune réforme, aucune concession, aucun recours institutionnel pour les doléances – seulement des cimetières. Ce faisant, il a créé précisément la force qui le renversera : une génération qui n’a plus rien à perdre, désormais dotée d’une direction organisée, prête à combler le vide du pouvoir.

Le verdict de l’histoire est constant et impitoyable. Les peuples les plus terrorisés par les régimes autoritaires sont ceux qui, en fin de compte, abattent les portes du palais – non pas malgré la répression, mais à cause d’elle. Chaque massacre ordonné par Khamenei était une affiche de recrutement pour sa propre chute. Le bilan est tombé. L’heure des comptes approche.

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