Des parlementaires français appellent à l’union de toutes les composantes démocratiques de l’opposition iranienne pour une transition pluraliste et laïque

Par
Amir Taghati
S’exprimant au nom du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), les auteurs de la tribune soulignent que l’opposition iranienne, bien que diverse, partage un rejet commun de la dictature. Ils affirment que les tentatives d’imposer l’unité depuis l’étranger sont malavisées et vouées à l’échec, insistant sur le fait que le changement politique doit émerger de la société iranienne elle-même.
Ils appellent à un engagement international auprès des forces démocratiques crédibles plutôt qu’auprès du pouvoir en place et mettent en avant le Plan en dix points du Conseil national de la résistance iranienne comme un cadre fédérateur, soulignant les engagements en faveur de la laïcité, de l’égalité des sexes, des droits des minorités et de l’abolition de la peine de mort.
OPINION. « Quelles perspectives pour un Iran démocratique ? », par Philippe Gosselin, Christine Arrighi, et André Chassaigne https://t.co/8v3OmxWMuQ
— La Tribune (@LaTribune) April 10, 2026
Voici le texte de la tribune :
Nul ne s’étonne en France, que les forces politiques soient multiples, opposées, ou composées d’alliances. Il en va de même pour l’opposition iranienne, plurielle par nature, parfois traversée de lignes rouges, mais animée par un même combat et une conviction commune : le rejet de la dictature sous toutes ses formes.
Cet Iran nous touche profondément par le courage de ses citoyens face à la cruauté d’un régime théocratique, par la résilience de ses femmes face à la misogynie institutionnalisée, par la persévérance de ses résistants sous la répression interne et sous les bombes. Depuis près de cinq décennies, ce peuple défie l’un des régimes les plus obscurantistes de notre temps.
Ignorer les lignes de fracture et les dynamiques d’alliance propres au peuple iranien pour lui imposer depuis l’étranger une coalition artificielle ne peut conduire qu’à l’échec.
#FreeIran2018.#CPID
Heureux d’être aux côtés des Iraniens qui veulent voir leur pays devenir une démocratie.
Interventions de S.A Ghozali, S. Herper, anciens 1er Ministre d’Algerie et du Canada, R Giuliani, ancien maire de New York, de la Présidente du #CNRI #Maryam_Rajavi . pic.twitter.com/ceSlaN2S70— Philippe GOSSELIN (@phgosselin) June 30, 2018
Force est de constater que ni la politique de complaisance n’a permis de transformer le pouvoir sectaire des mollahs, ni les guerres et les bombardements récents n’ont apporté de transformations radicales. Même affaibli, le régime des mollahs poursuit sa fuite en avant. Aujourd’hui, nous sommes convaincus d’une chose : la solution est entre les mains du peuple iranien dans toute sa diversité. C’est avec lui que nous devons engager le dialogue, et non avec le régime. Mais encore faut-il savoir qui en sont les véritables interlocuteurs.
Par ailleurs, nous constatons que le plan en dix points du CNRI fédère de plus en plus les forces politiques plurielles de l’Iran. Ainsi, la reconnaissance de l’autonomie pour le Kurdistan iranien, ainsi que pour les autres composantes de l’Iran comme les Baloutches et les Arabes, constitue un facteur de réconciliation. Alors qu’en qualifiant de séparatistes les composantes ethniques de l’Iran qui aspirent à une forme d’autonomie politique et culturelle, le courant royaliste ouvre tout droit la perspective de futurs conflits.
French MP @AndreChassaigne affirms the Iranian people's rejection of dictatorship, praising the 2022 uprising’s call for #democracy and human rights. He highlights @Maryam_Rajavi's Ten-Point Plan as a roadmap for a free, secular #Iran, endorsed by parliamentarians worldwide. pic.twitter.com/jHPYg43pR3
— NCRI-FAC (@iran_policy) December 12, 2024
Ce programme englobe également la séparation de la religion et de l’État, l’égalité hommes-femmes et l’abolition de la peine de mort, des principes qui confortent les élus que nous sommes. Ceci est d’autant plus significatif que la période de transition prévue par le CNRI ne dépasse pas six mois.
Nous, parlementaires français, membres du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID) sommes profondément sensibles à cette aspiration en faveur d’une démocratie pluraliste et laïque, à l’instar de milliers d’autres parlementaires à travers le monde. Notre conviction est renforcée par l’acharnement du régime iranien contre cette coalition, accompagné de campagnes de diabolisation et de diffamation, parfois relayées dans notre pays.
"We also know that all dictatorships will one day collapse. This is what history tells us. They collapse from inside, from the pressure of the world, from the resistance of people like you," French MP @ChArrighi said during the #ParisFreeIranRally #NCRIAlternative pic.twitter.com/muGTv4mNaM
— NCRI-FAC (@iran_policy) February 8, 2025
Au cours de ces dernières années, nous avons assisté à de multiples reprises à des tentatives directes ou indirectes des autorités iraniennes pour entraver l’activité de ces forces d’opposition, en particulier les Moudjahidine du peuple, dont des dizaines de milliers de membres et sympathisants ont été exécutés depuis plus de quatre décennies pour leur engagement contre la dictature religieuse. Quatre autres militants de ce mouvement, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Mohammad Taghavi et Akbar Daneshvarkar, viennent d’être pendus dans les derniers jours de mars 2026, à Téhéran.
De l’aveu même des autorités judiciaires iraniennes, de nombreux militants de l’OMPI sont à cette heure condamnés à mort, et de nombreux sympathisants figurent parmi les victimes des répressions récentes À l’heure où le peuple iranien traverse des épreuves dramatiques, marquées par des milliers de morts, des dizaines de milliers d’arrestations et une guerre qui le dépasse, une approche conforme aux valeurs démocratiques consiste à favoriser un cadre inclusif rassemblant les forces d’opposition les plus engagées pour l’instauration d’une République laïque et démocratique en Iran.
Dans ces circonstances, nous appelons à l’union de toutes les composantes démocratiques de l’opposition iranienne et au rejet de toute prise de position qui ne ferait que servir les intérêts d’un régime autoritaire. Le peuple iranien aspire à la liberté, à la démocratie et à la souveraineté. Nous l’entendons et estimons que nul ne peut s’arroger le droit de parler en son nom.
Liste des signataires :
Christine Arrighi, députée de la Haute-Garonne (Ecologiste et Social), présidente du CPID ;
Jean-Pierre Brard, ancien député-maire de Montreuil, co-fondateur du CPID ;
André Chassaigne, ancien Député du Puy-de-Dôme (GDR), président d’honneur du CPID ;
Philippe Gosselin, député de la Manche (Les Républicains), vice-président du CPID ;
Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin (Les Républicains), ancien ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Espace ;
Vincent Louault, sénateur d’Indre-et-Loire (Les Indépendants-République et Territoires), vice-président du CPID ;
Alain Neri, ancien sénateur du Puy-de-Dôme (Socialistes), ancien vice-président de l’Assemblée nationale ;
Hervé Saulignac, député de l’Ardèche (Socialistes et apparentés), vice-président du CPID ;
Michel Terrot, ancien député du Rhône (Les Républicains).