ActualitésDernières nouvelles

La réprimande de Keyhan à l’encontre du MAE révèlent les divisions au sein du régime iranien

La réprimande de Keyhan à l’encontre du MAE révèlent les divisions au sein du régime iranien
Interview de Fox News avec Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, le 22 juillet 2025

Interview de Fox News avec Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, le 22 juillet 2025
Par
Mehdi Oghbai

Interview de Fox News avec Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, le 22 juillet 2025
Malgré les appels répétés à l’unité du guide suprême du régime, Ali Khamenei, les divisions internes au sein du régime iranien sont de nouveau apparues au grand jour. Un exemple frappant est apparu le 22 juillet lorsque Keyhan, porte-parole du bureau de Khamenei, a lancé une attaque cinglante contre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi suite à son interview télévisée sur Fox News.

Dans son éditorial intitulé « La grave erreur de Trump après avoir imploré un cessez-le-feu », Keyhan a condamné les propos d’Araghchi, les qualifiant de faibles et d’injustifiés, les qualifiant d’erreur diplomatique portant atteinte au discours officiel du régime. Le journal a accusé Araghchi d’avoir lancé un « appel au cessez-le-feu », jugeant son ton et son contenu inadaptés à la position prétendument provocatrice du régime.

Les critiques portaient principalement sur la reconnaissance publique par Araghchi des dommages considérables infligés aux installations nucléaires iraniennes par les récentes frappes américaines et sur sa volonté de négocier avec Washington. Selon Keyhan, ces déclarations n’ont fait qu’enhardir le président américain Donald Trump, qui a cité les propos d’Araghchi dans des déclarations publiques ultérieures.

« Le matin du mardi 22 juillet, le président américain Donald Trump… a une fois de plus, dans une farce grotesque, menacé le gouvernement iranien de cibler à nouveau des installations nucléaires », a écrit Keyhan, affirmant que l’agression de Trump était alimentée par la rhétorique molle d’Araghchi.

Le journal a également accusé Araghchi de « légitimer la propagande ennemie ». « Dans un contexte délicat de guerre psychologique et de batailles médiatiques », a averti Keyhan, « choisir la bonne plateforme devient doublement important. » L’éditorial exprimait son inquiétude quant à la mauvaise interprétation ou à l’utilisation abusive de certains passages du message d’Araghchi par l’opposition en raison d’un manque de coordination médiatique.

L’élément le plus controversé de la critique était peut-être l’attaque de Keyhan contre les propos d’Araghchi concernant Israël. Au cours de l’interview, Araghchi a déclaré que le régime n’avait jamais cherché à assassiner des dirigeants étrangers et nié toute politique visant à détruire Israël – des propos qui contredisaient directement les déclarations bien documentées des plus hautes personnalités du régime. Keyhan a rappelé aux lecteurs que Ruhollah Khomeini, le fondateur du régime, avait explicitement appelé à « rayer Israël de la carte », et que Khamenei avait constamment réaffirmé cette position. Le journal a soutenu que les déclarations d’Araghchi contredisaient directement ces politiques fondamentales.

L’éditorial est allé plus loin en citant des fatwas de hauts dignitaires religieux du régime – Ahmad Alamolhoda, Nasser Makarem Shirazi et Hossein Nouri Hamedani – qui ont publiquement appelé à l’assassinat de dirigeants américains et israéliens, les qualifiant de « corrupteurs sur terre » et de « moharebs » (ennemis de Dieu). Ce contraste saisissant entre le ton d’Araghchi et les déclarations de l’élite religieuse du régime souligne la division croissante au sein du régime.

Les réactions internationales ont ajouté un niveau de complexité supplémentaire. L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a nié la crédibilité d’Araghchi lors d’une interview accordée à Fox News, déclarant : « Je ne crois pas un seul mot de ce que dit le ministre iranien des Affaires étrangères. Il n’est pas une voix crédible en faveur de la paix. » M. Whitaker a souligné que les États-Unis restaient fermes dans leur exigence que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire, en particulier après ce qu’il a décrit comme la destruction d’une partie importante de l’infrastructure nucléaire iranienne.

Ce discrédit public d’Araghchi, tant par les tenants de la ligne dure en Iran que par des diplomates étrangers, témoigne d’une crise plus vaste au sein du régime. Sa tentative de se donner une image diplomatique a non seulement échoué à gagner la confiance internationale, mais a également suscité de vives réactions au sein même du régime.

Alors que les tensions s’intensifient et que le régime subit une pression nationale et internationale croissante, ses contradictions internes deviennent plus difficiles à réprimer. La vive réprimande de Keyhan – un média étroitement lié à Khamenei – illustre l’ampleur des troubles internes au régime. Ce qui a commencé comme une apparition médiatique du ministre des Affaires étrangères s’est transformé en une démonstration éclatante des fractures idéologiques au cœur du régime.

 

La réprimande de Keyhan à l’encontre du MAE révèlent les divisions au sein du régime iranien

Bouton retour en haut de la page