Après les prétentions de Zarif : Le CICR nie avoir évoqué des sanctions américaines qui entraveraient l’aide à l’Iran

L’Iran prétend que les sanctions américaines entravaient les secours aux sinistrés des inondations. Le CICR dément. La population accuse le pouvoir en place.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a démenti les propos attribués à son président par le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, au sujet des sanctions imposées par les États-Unis qui entraverait les opérations de secours.
Dans une interview accordée à Radio Farda, une radio en langue persane basée à Pragues, Ignatius Ivlev-Yorke, le responsable des relations publiques du CICR, a déclaré que le président de l’organisation, Peter Maurer, n’avait jamais mentionné de pays spécifique lors de son intervention à l’ONU le 1er avril.
Le 2 avril, Zarif avait affirmé dans un tweet que M. Maurer avait déclaré au Conseil de sécurité des Nations unies que les sanctions américaines empêchent le Croissant-Rouge iranien de fournir une assistance efficace aux victimes des inondations qui durent depuis deux semaines et qui ont entraîné des destructions sans précédent dans de nombreuses régions e l’Iran.
Ivlev-Yorke a déclaré que le CICR était préoccupé par les sanctions affectant l’assistance en général, mais Maurer n’a pas mentionné de pays spécifique ni de cas particulier aux Nations Unies.
Il a également ajouté que les représentants du CICR en Iran suivaient de près l’évolution de la situation en coopération avec le Croissant-Rouge, qui « a déjà mobilisé son personnel et ses volontaires » pour aider les zones touchées par les inondations. Le CICR est prêt à explorer toutes les possibilités avec ses homologues iraniens « si nécessaire », a déclaré Ivlev-Yorke.
Il a répondu à une question sur la limitation éventuelle de l’aide à l’Iran à cause des sanctions, en affirmant: » De notre point de vue, nous ne limitons pas, à ce stade, notre assistance à la Société iranienne du Croissant-Rouge. «
Le laxisme du pouvoir iranien dans l’acheminement des secours et dans la demande des aides internationales a provoqué la colère des millions d’Iraniens sinistrés. Même les autorités du pouvoir avouent que les secours sont quasi inexistants. « Il n’y a aucune gestion sur place », a reconnu le commandant en chef des forces terrestres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) lors d’une visite à la ville sinistrée de Pol-e Dokhtar, dans l’ouest de l’Iran.
La colère de la population est si forte qu’ »aucun officiel du gouvernement n’ose se rendre sur les lieux », a avoué le général Mohammad Pakpour.
C’est dans ces circonstances que le régime iranien tente d’abuser de la situation pour tirer des profits politiques sur la scène internationale.