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Le régime iranien intensifie ses menaces et sa propagande envers la communauté internationale

Le régime iranien intensifie ses menaces et sa propagande envers la communauté internationale
Le missile balistique « Haj Qasem » exposé lors de la marche organisée par l’État le 10 février 2025

Le missile balistique « Haj Qasem » exposé lors de la marche organisée par l’État le 10 février 2025
Par
farid mahoutchi

Dans leurs récentes déclarations et dans la couverture médiatique, les responsables du régime iranien ont adopté un ton de plus en plus agressif, marqué par des menaces ouvertes contre les dirigeants occidentaux, un rejet de la surveillance internationale et une glorification inquiétante du militarisme et de l’autoritarisme religieux. Loin de refléter la stabilité, ces messages reflètent un régime en crise croissante, de plus en plus dépendant de l’intimidation, de la propagande et de l’isolement.

Javad Larijani, haut responsable de l’appareil judiciaire du régime et proche de longue date du Guide suprême Ali Khamenei, a choqué de nombreux observateurs par ses récents propos. Dans un langage visiblement conflictuel, Larijani s’est moqué et a menacé le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron, affirmant que la technologie iranienne des drones pourrait les cibler personnellement. Il a averti Trump qu’il pourrait ne plus profiter du soleil de Mar-a-Lago, et Macron qu’un « mini-drone » pourrait le frapper dans une discothèque.

Ces déclarations ne sont pas de simples paroles en l’air : elles s’inscrivent dans une stratégie calculée de la dictature cléricale iranienne pour afficher sa force, masquer sa vulnérabilité et intimider le public national et international. Parallèlement, le régime tente désespérément de dissimuler sa profonde faiblesse interne à la communauté internationale, tout en faisant croire à ses propres forces qu’il n’a pas subi de revers majeurs. Ce double discours est au cœur de sa stratégie de survie : projeter sa force à l’étranger tout en masquant sa vulnérabilité sur le plan intérieur.

Fermer la porte à la transparence nucléaire
Parallèlement à cette rhétorique menaçante, le régime a pris des mesures concrètes pour se distancier des mécanismes de surveillance internationaux. En particulier, des personnalités politiques de premier plan comme Abolfazl Zohrehvand, membre de la Commission parlementaire de sécurité nationale, et Ebrahim Rasouli, conseiller politique du président du Parlement, ont qualifié les négociations avec les États-Unis et l’Europe de « signal de faiblesse ».

Ils affirment que le simple fait d’engager un dialogue favorise l’influence étrangère et menace la sécurité idéologique du régime. La semaine dernière, Téhéran a suspendu sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Rasouli a directement accusé le directeur général de l’agence, Rafael Grossi, de trahir son mandat et de collusion avec Israël, tandis qu’Abdolvahid Fayyazi, un autre député, a qualifié les inspecteurs de l’AIEA d’espions.

Cette rhétorique vise non seulement à justifier le retrait du régime de la transparence nucléaire, mais aussi à présenter la surveillance elle-même comme une conspiration étrangère – une tactique destinée à consolider le soutien interne en présentant la responsabilité internationale comme une menace existentielle.

Une belligérance incessante
Derrière les slogans apocalyptiques et les postures divines se cache un régime profondément ébranlé par les dissensions internes, l’isolement mondial et l’érosion de son influence régionale. En déclarant que franchir les lignes rouges du régime « mettrait en danger l’économie mondiale » et déclencherait les représailles des « combattants du Bassidj islamique » capables de « semer l’enfer dans les foyers des agresseurs », des religieux comme Allah-Nour Karimi-Tabar, imam de la prière du vendredi à Ilam, révèlent le recours du régime au terrorisme transnational comme substitut à sa légitimité.

Par ailleurs, Hassan Ameli, membre du Conseil suprême de la révolution culturelle, affirme que le « Front de résistance » iranien a pris une dimension mondiale. « Aujourd’hui, la résistance existe à Washington, à Los Angeles, à New York », a-t-il déclaré. Il a même décrit les manifestations anti-guerre en Occident comme l’émergence d’un « capital social mondial pour la République islamique ».

En mythifiant Ali Khamenei comme un guerrier infatigable, guidé par Dieu, dont les blessures de guerre de 1981 symbolisent le leadership moral de l’Iran, Ameli tente de faire du Guide suprême la pièce maîtresse d’un mouvement international. Cette tentative d’assimiler l’indignation publique spontanée face aux crises humanitaires, notamment à Gaza, à l’allégeance à l’idéologie de Téhéran est non seulement trompeuse, mais aussi profondément cynique.

En réalité, le régime ne célèbre pas sa force : il la met en scène. Ces affirmations pompeuses visent à distraire une base intérieure épuisée et à semer la confusion chez les observateurs étrangers. Les dirigeants religieux ne rallient pas un mouvement mondial ascendant ; ils instrumentalisent l’optique protestataire et la mythologie révolutionnaire pour masquer les failles de leur armure. Derrière ces slogans, un régime fragile peine à convaincre ses propres forces qu’il n’a pas déjà perdu l’avenir.

Un régime isolé, replié sur lui-même et fustigeant
Le régime iranien ne cherche plus à dissimuler son mépris pour la diplomatie ou les normes internationales. Avec des menaces contre les dirigeants occidentaux, un rejet de la supervision nucléaire et une exaltation messianique de son Guide suprême, il cherche à se maintenir au pouvoir par la peur, et non par la légitimité.

Ce changement c’est aussi le signe d’un désespoir croissant, le régime est de plus en plus isolé, tant à l’échelle internationale qu’intérieure, et réagit aux troubles internes et à la pression internationale par la fanfaronnade et la brutalité. Alors que le régime iranien se replie davantage sur lui-même et adopte une attitude agressive et conflictuelle, le monde doit reconnaître ces actions pour ce qu’elles sont : un régime redoublant de répression et de radicalisme dans un ultime effort pour préserver son emprise sur le pouvoir.

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