ActualitésDernières nouvelles

Le portrait de Parviz Sabeti au rassemblement de Reza Pahlavi : pour effrayer Téhéran ou les opposants?

Le portrait de Parviz Sabeti au rassemblement de Reza Pahlavi : pour effrayer Téhéran ou les opposants?
Le 19 février à Munich, un rassemblement a été organisé par les partisans de l’ancien dictateur iranien

Par
Mahmoud Hakamian

Le 19 février à Munich, un rassemblement a été organisé par les partisans de l’ancien dictateur iranien, Mohammadreza Pahlavi. Masih Alinejad, ancien journaliste des médias d’État iraniens et ardent défenseur du soi-disant mouvement réformiste au sein du régime iranien, s’est adressé au rassemblement affirmant vouloir société laïque et démocratique en Iran.

En plus de brandir un portrait de Raza Pahlavi, la foule brandissait également le portrait de Parviz Sabeti, ancien chef de la Division de la sécurité intérieure du SAVAK, la police secrète du Shah. La SAVAK est connue pour sa brutalité et son recours à la torture contre les dissidents et les intellectuels qui s’opposaient à l’ancienne dictature monarchique.

Le portrait de Parviz Sabeti au rassemblement de Reza Pahlavi : pour effrayer Téhéran ou les opposants?Déclaration de Sabeti dans le journal, en 1978, affirmant que la SAVAK ne devrait pas être dissoute.
Sur l’affiche de Sabeti était écrit : « Le Cauchemar des futurs terroristes ». Cela faisait référence à la déclaration de Sabeti en 1978 selon laquelle la SAVAK ne devait pas être dissoute sinon les terroristes l’emporteraient.

Le portrait de Parviz Sabeti au rassemblement de Reza Pahlavi : pour effrayer Téhéran ou les opposants?

Le portrait de Parviz Sabeti au rassemblement de Reza Pahlavi : pour effrayer Téhéran ou les opposants?
Parviz Sabeti à la Savak

Le groupe a ainsi clairement indiqué que quiconque rejette la monarchie en Iran est considéré comme terroriste. Cela sape ainsi les appels à un système « laïc et démocratique» que Reza Pahlavi et ses associés, tels que Massih Alinejad, prétendent défendre.

Les partisans de Pahlavi avaient laissé entendre que des dizaines de milliers de personnes assisteraient à leur rassemblement. Ceux qui connaissent la complexité de la sphère politique iranienne comprennent qu’il s’agit d’une tentative d’exagérer le poids politique de Reza Pahlavi et d’intimider la diaspora iranienne qui n’est pas d’accord avec lui. Cependant, malgré la large couverture médiatique des réseaux en langue persane, seuls quelques centaines se sont présentés devant la Conférence de Munich sur la sécurité, à laquelle ont assisté personnellement Reza Pahlavi et Massih Alinejad.

De plus, la semaine dernière, lors d’un autre rassemblement, Sabeti est apparu à Los Angeles aux côtés de Reza Pahlavi. Les personnes qui s’associent au soi-disant mouvement monarchique avaient affirmé qu’entre 80 000 et 180 000 s’étaient rassemblées devant l’hôtel de ville de Los Angeles. Ces chiffres ont été amplifiés par certains médias en langue persane, contredisant le récit de la police locale de trois à quatre mille personnes.

Suite à ce spectacle médiatique, plusieurs Iraniens qui avaient participé au rassemblement ont publié des postes sur les réseaux sociaux déclarant qu’ils regrettaient d’avoir pris part à un rassemblement censé exprimer leur soutien au peuple iranien mais qui a plutôt été détourné par les monarchistes pour promouvoir des slogans particuliers et présenter des affiches de Reza Pahlavi et de son héritier.

De son côté, le régime clérical de Téhéran profite pleinement de ces développements, affirmant que les puissances étrangères, les dignitaires et les parlementaires qui soutiennent le soulèvement en Iran plaident pour un retour à la dictature du Shah et la renaissance de la SAVAK. Après que les partisans de Pahlavi aient présenté Parviz Sabeti, les médias d’État iraniens ont exploité l’incident pour décourager les gens à se joindre aux manifestations.

Bureau Parviz Sabeti dans le bâtiment d’intégration

Shah à Savak

 

Conférence de presse de Parviz Sabeti sur le rapport SAVAK.

Apolo, dispositif de torture utilisé dans SAVAK
Suite au soulèvement qui a éclaté après la mort de Mahsa Amini en septembre 2022, le régime a redoublé d’efforts pour présenter l’opposition à l’étranger comme fracturée et désorganisée. La réponse du régime iranien à ces développements n’est pas surprenante. Ils ont longtemps utilisé la propagande alarmiste et les accusations d’ingérence étrangère pour discréditer l’opposition à leur régime.

Alors que le monde regarde et attend de voir ce qui se passera en Iran, il est important de se rappeler que c’est le peuple iranien lui-même qui déterminera en fin de compte l’avenir du pays. L’incident de Munich peut sembler mineur et sans importance, mais il nous rappelle que le chemin vers la liberté est semé d’embuches. Pendant des années, le régime meurtrier a tenté de se protéger contre l’opposition en promouvant le mirage des réformes et de la modération au sein du régime clérical.

Ces personnes appellent la nation à rester à l’écart des approches radicales et prétendent rechercher un modèle d’unité et de collaboration avec le CGRI et Basij. Mais à leur grande consternation, le peuple iranien a démontré qu’il suivait une feuille de route différente dans la détermination de sa lutte pour la démocratie et les droits de l’homme. Le peuple iranien a montré à maintes reprises qu’il ne se laissera pas décourager malgré les tentatives du régime de semer la division. Les protestations sont devenues plus intenses et l’exigence de changement de régime reste forte.

Bouton retour en haut de la page