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Maryam Radjavi rend hommage à la paix dans la ville martyre d’Ypres, en Belgique

Maryam Radjavi rend hommage à la paix dans la ville martyre d’Ypres, en Belgique
La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI)

Par
Shamsi Saadati

La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), Mme Maryam Radjavi, s’est rendu à la ville emblématique d’Ypres en Belgique à l’invitation de l’ancien premier ministre Yves Leterme. Elle a prononcé un discours à l’hôtel de ville à l’invitation de la bourgmestre d’Ypres Mme Katrien Desomer, visité le musée de la première guerre mondiale, In Flanders Fields et assisté à la cérémonie quotidienne du Last Post à la Porte de Menin, le 11 décembre 2025. La ville historique d’Ypres, presque totalement détruite pendant la Première Guerre mondiale, fut l’un des premiers lieux où les armes chimiques furent employées. Aujourd’hui, elle porte le titre de « ville de la paix », utilisant son histoire comme symbole pour promouvoir la paix dans le monde.

L’agence d’information Belga a rapporté les propos d’Yves Leterme à l’hôtel de ville : « La grande affluence à l’hôtel de ville montre qu’elle représente ce que pensent les Iraniens en exil quant à la nécessité du changement dans leur pays, au rétablissement de la démocratie et à la fin des exécutions et des persécutions terribles », a déclaré Leterme. « Elle est quelqu’un de très apprécié par le peuple iranien. »

Dans son discours, Maryam Radjavi a salué le rôle d’Ypres dans la promotion de la paix. « Ypres est une ville dont l’histoire continue de parler au monde entier. Chaque soir à 20 heures, elle nous rappelle les leçons de la guerre et offre de l’espoir à ceux qui luttent pour la dignité, la paix et la liberté. Une ville qui, à travers le souvenir d’effroyables batailles, d’une destruction totale et de soldats anonymes tués par le gaz moutarde, est devenue un rappel moral du coût de la guerre et de la valeur de la paix. Le monde n’oubliera jamais les sacrifices consentis par Ypres. Alors, saluons Ypres ; saluons ceux qui ont sacrifié leur vie pour la paix et la liberté sur cette terre. La détermination à reconstruire, dont ont fait preuve des générations de femmes et d’hommes d’Ypres, est vraiment admirable », a-t-elle affirmé.

Dans son discours, Mme Maryam Radjavi a lié la mémoire de la guerre à Ypres à la lutte de libération de l’Iran, affirmant que le souvenir doit mener à la responsabilité et à l’action. Elle a ensuite abordé les crimes non résolus de l’Iran, notamment le massacre de 1988, au cours duquel « 30 000 prisonniers politiques ont été massacrés », « pendus à travers l’Iran » et enterrés dans des « fosses communes », tandis que les familles en quête de vérité sont toujours « persécutées ».

Lire l’intégrité de l’intervention de Mme Radjavi ici :

Discours à la Mairie d’Ypres en Belgique

« Je pense que Mme Rajavi symbolise quelque chose pour lequel nous nous sommes battus il y a tant d’années : notre liberté », a déclaré la bourgmestre d’Ypres Katrien Desomer à Belga. « Elle fait aujourd’hui la même chose depuis Paris, où elle vit en exil en tant que présidente du mouvement opposé au régime iranien. Elle défend la démocratie et les droits des femmes. Nous sommes très heureux et honorés que Mme Radjavi ait visité Ypres aujourd’hui. »

Mme Desomer, a posé un cadre de principe : l’identité d’Ypres comme « ville de paix » n’est pas une simple formule, mais le fruit d’une discipline civique – preuve que les sociétés doivent défendre activement les droits après une catastrophe. S’exprimant « au lendemain de la Journée internationale des droits de l’homme », elle a affirmé que « la paix ne va jamais de soi » et que les communautés démocratiques doivent « activement préserver les valeurs » qui permettent la coexistence humaine.

La maire Desomer a élevé la tradition de la Porte de Menin au rang de devoir civique, qualifiant la sonnerie aux morts de « symbole vivant », de « rituel » qui « souligne chaque soir la responsabilité de poursuivre les efforts pour le dialogue, la justice et le respect entre les peuples ». Elle a salué Mme Radjavi comme une personnalité qui « joue un rôle important pour l’avenir de l’Iran et sur la scène internationale dans la lutte pour les droits humains, les valeurs démocratiques et la dignité sociale », et a déclaré qu’Ypres aspire à être un lieu où « les voix qui défendent la dignité humaine continuent de se faire entendre».

L’ancien Premier ministre, a décrit sa rencontre avec Mme Radjavi près de Paris et s’est dit frappé par sa description « authentique et émouvante » de la situation en Iran et par « le courage qu’elle incarne ». Il a souligné la profondeur sociale de la Résistance, notant que malgré « l’extrême atrocité du régime actuel », ce ne sont « pas une, ni deux, mais des milliers, des centaines de milliers » de personnes qui « veulent riposter » et « veulent conquérir le droit d’exister, le droit de s’exprimer, de vivre en liberté ».

Il a averti que tout retard se mesure en vies humaines : « Chaque heure, chaque jour, chaque semaine d’attente pour un changement en Iran est insupportable, c’est une souffrance insupportable », citant les exécutions.

Pendant la première guerre mondiale des milliers de soldats britanniques ont également perdu la vie dans les combats. S’inspirant de l’héritage d’Ypres pendant la Première Guerre mondiale, L’ancien eurodéputé britannique Struan Stevenson présent à cette cérémonie a établi un lien entre l’histoire de sacrifice de la ville et les victimes de la répression en Iran, citant « 120 000 hommes, femmes et enfants », dont « des enfants aussi jeunes que Fatemeh Mesbah, âgée de 13 ans », tués, selon lui, pour avoir soutenu l’opposition démocratique. « Leur crime n’était ni la violence ni la trahison. Leur crime était l’espoir », a-t-il déclaré à l’auditoire. Il a également souligné la résistance persistante en Iran, saluant « le courage des Unités de Résistance » qui « défient les forces de l’obscurité et de la répression en Iran, nuit et jour », et a affirmé que les atrocités se poursuivent lorsque le monde « détourne le regard ».

Maryam Radjavi et Katrien Desomer ont déposé des gerbes de fleurs à la Porte de Menin en souvenir des dizaines de milliers de soldats disparus pendant la guerre, lors de la cérémonie en leur mémoire qui est tenue chaque soir dans cette ville emblématique.

 

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