Un syndicat italien, fort de 2 millions d’adhérents, exprime sa solidarité avec la lutte des travailleurs iraniens
Déclaration de l’Union italienne du travail (UIL) exprimant sa solidarité avec les travailleurs iraniens — Avril 2025
Par
Amir Taghati
L’Union italienne du travail (UIL), l’un des trois plus grands syndicats italiens avec plus de deux millions d’adhérents, a publié une déclaration forte de solidarité avec les travailleurs iraniens à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs. Cette déclaration, publiée le 29 avril 2025 par la section provinciale des Marches de l’UIL, souligne le déni systémique des droits des travailleurs sous la monarchie du Shah et le régime clérical.
Fondée en 1950, l’UIL est affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES) et à la Confédération syndicale internationale (CSI). Dans sa déclaration, l’UIL a condamné les violations persistantes des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) par l’Iran, soulignant que, malgré son adhésion à l’OIT et la signature de plusieurs accords, le gouvernement iranien n’a pas mis en œuvre les protections fondamentales du travail. « Il n’existe aucune loi ni aucun cadre de protection pour défendre les droits fondamentaux des travailleurs en Iran », a déclaré le syndicat.
La déclaration décrit une triste réalité pour les travailleurs iraniens :
La précarité de l’emploi est généralisée : 94 % des travailleurs sont employés sous contrat temporaire et 95 % sans contrat de travail officiel, ce qui les expose à des licenciements arbitraires sans indemnités ni avantages sociaux.
Les syndicats indépendants sont interdits et remplacés par des « Conseils islamiques du travail » contrôlés par le gouvernement, qui ne représentent pas les intérêts des travailleurs.
Le salaire minimum est bien inférieur au coût de la vie, le régime le fixant à moins d’un tiers des dépenses de base des ménages, plongeant des millions de travailleurs dans la pauvreté.
La sécurité au travail est négligée, ce qui entraîne « en moyenne 40 travailleurs tués chaque semaine dans des accidents du travail », selon des rapports officiels cités par le syndicat. La déclaration souligne également des décès non déclarés dans les mines iraniennes en raison du manque d’équipements de sécurité.
Les travailleuses sont confrontées à une dégradation de leurs conditions de travail : l’emploi féminin est en chute libre et les femmes sont victimes de discriminations persistantes et de violations de leurs droits au travail.
La déclaration de l’UIL replace ces abus dans un contexte plus large d’oppression systémique sous les régimes autoritaires successifs. « Les travailleurs iraniens sont opprimés depuis longtemps, d’abord sous la dictature du Shah, puis sous la dictature fondamentaliste des mollahs », écrit le syndicat. Il souligne que les travailleurs iraniens sont aujourd’hui confrontés à « une situation urgente et désastreuse » et appelle à une action internationale immédiate.
Le syndicat exhorte les syndicats internationaux, les organisations syndicales et les institutions internationales à soutenir les travailleurs iraniens et appelle l’OIT à inscrire le régime iranien sur sa « liste noire » des pays violant les droits du travail. « Les travailleurs iraniens ont désespérément besoin de la solidarité internationale pour obtenir ne serait-ce que les droits minimaux reconnus aux travailleurs d’autres pays », a souligné l’UIL.
La déclaration a également souligné la nécessité d’une pression coordonnée pour contraindre le régime iranien à honorer ses obligations en vertu des normes internationales du travail. « Sans une telle pression, les travailleurs iraniens continueront de souffrir sous un système qui les prive de sécurité, de dignité et de droits humains fondamentaux », a averti le syndicat.
Le soutien public de l’UIL marque un soutien significatif des mouvements syndicaux européens aux travailleurs iraniens, s’ajoutant aux appels internationaux croissants en faveur de la responsabilisation et de réformes en Iran.